Nous voulions profiter plus longtemps du Salar D’Uyuni, et bien nous n’avons pas été déçus ! Départ en milieu de journée pour passer une dernière nuit dans le Salar avant de filer vers le Sud Lipez.
Il est 16h30 et nous commençons à chercher l’ile qui va nous abriter cette nuit dans le Salar. Ah pas question de choisir une ile touristique : le Salar est à nous, nous en choisissons une jamais listée dans les guides, isolée du flux des 4x4 cariant leurs hordes de gringos. Le vent souffle à décorner les bœufs et nous faisons désespérément le tour de l’île pour trouver dans quel angle s’abriter un peu.
Jérôme est prudent : nous savons qu’il convient de se méfier de la sortie des salars ou de la « rive » des iles, car la couche de sel n’est plus assez épaisse et on risque de s’enfoncer. Nous suivons des traces… tout devrait bien aller… jusqu’au moment où nous commençons à sentir le Land s’enliser. Et pas qu’un peu !
Il est 17h, nous sortons la pelle et le cric pour nous sortir de là. Rien à faire : le manche de la pelle casse au bout de deux coups, le cric s’enfonce désespérément dans cette terre glaise dans laquelle nous nous sommes englués !
19h30, la nuit tombe : nous décidons d’abandonner la lutte pour aujourd’hui. Une grotte abritée à quelques mètres de là tente Jérôme mais pas question pour Emilie qui préfère dormir dans la voiture. Compromis, nous décidons de tenter de déballer la tente et nous nous endormons tant bien que mal, dans une tente complètement de traviole et bien secouée par le vent.
6h30, il fait jour, vite, il faut se remettre au travail ! 3 heures acharnées, où nous mettons les bras jusqu’à 1 mètre de profondeur dans la terre glaise pour essayer de désengluer cette roue. Nous luttons avec nos 2 crics qui s’enfoncent eux aussi dans la terre au lieu de soulever cette fichue roue. Le Land est posé sur son axe et n’arrivons désespérément pas à le soulever suffisamment pour réussir à glisser des pierres sous la. Rien, rien de rien ne se passe. Il n’y a plus qu’une solution : chercher du secours !
Bien entendu, pas de réseau de téléphone et nous sommes tout de même dans un coin assez isolé (c’est ce que nous cherchions !). Isolé certes mais pas non plus très loin de l’ile Inka Huasi, celle où nous avions campé il y a 2 jours, celle qui accueille tous les groupes touristiques pour venir faire la petite visite de courtoisie au sommet du Salar. Après vérification sur le GPS, l’ile est à 13,4km. Une seule solution, y aller à pied !
« On tira à la courte paille, on tira à la courte paille, pour savoir qui, qui, qui, allait y aller, pour savoir qui, qui, qui, allait y aller, ohé, ohé ! » Nous décidons de tenter la femme du couple, celle qui pourra tirer la larme à tous les guides en vadrouille avec leurs gringos, celle qui a laissé mari et enfants pour tenter de les secourir ! (et pendant ce temps là, Jérôme peut tenter de continuer son travail de Shadock). Et ça marche ! Après 2h15 de traversée, vraiment étrange, où l’ile semble à porter de main et pourtant n’arrive jamais, 3 guides se sentent incapables de refuser de nous secourir ! Et c’est ainsi qu’Emilie arrive avec son armée de 4x4 pour sauver le Land et toute la famille !





Impressionnée par votre courage...
RépondreSupprimerFélicitations Émilie d'avoir parcouru cette distance à pied, bravo Jérôme (j'imagine d'ici tout ce que tu as du tenter de faire) et bravo aussi aux petits chéris pour avoir tenu le coup.
Dans 3 jours, vous aurez 2 bras de plus pour pousser ... mais vous senez pas obligés de recommencer le coup de l'enlisement...