Pour descendre à Buenos Aires, nous voulons éviter de refaire la même route et en profiter pour visiter les missions jésuites. Il parait que les plus intéressantes sont du côté paraguayen. C’est partie pour un nouveau drapeau sur la vitre arrière !
On traverse le pont de l’amistad (amitié) grouillant et nous arrivons à Ciudad del Este. Zone franche occupant une position stratégique, à la jonction des deux pays voisins lourdement imposés (le Brésil et l’Argentine ont de très forts droits de douanes sur de nombreux produits, notamment l’électronique… ou les cannes à pêche). C’est sale (immédiatement sortie des magasins les acheteurs se débarrassent très vite des cartons et autres polystyrène de protection dans la rue avant de retraverser la frontière) , ça grouille comme dans un souk, ça se bouscule comme dans Chinatown. Vrai, faux, il y en a pour toutes les bourses. C’est le royaume du cash (toutes les monnaies sont acceptées partout) et chaque bouclard à son garde en arme devant la porte. Même chez Pirelli ou chez MacDo.
Nous n’avons besoin (envie ?) de rien et nous décidons d’aller camper à 13km au nord de la ville, dans un parc protégé aménagé par la société gérant le barrage, Itaipu binational.
Mais pour avoir de droit de camper, il faut demander l’autorisation au barrage d’Itaipu. Il est 17h30, ici les gens ont déjà fini de travailler. Pas d’autorisation donc. Nous tentons quand même le coup devant le parc, où des gardes armés jusqu’aux dents (si quelqu’un voulait venir attaquer un sapin, on sait jamais…) nous accueillent. Adorables, ils tentent le tout pour le tout pour nous obtenir l’autorisation. Mais rien à faire, le (petit) caporal en chef refuse « ils n’avaient qu’à arriver avant l’heure de la fermeture, qu’ils reviennent demain ». Oui, mais cette nuit, on dort où ? Alors que nous négocions de pouvoir quand même dormir devant l’entrée du parc sous l’œil des gardes, arrive notre sauveur… Carlos.
Carlos doit avoir une bonne 40aine d’année et porte un tee shirt de scout. Carlos est très intéressé par notre tente sur notre toit et tchatche avec Emilie sur notre voyage. Comprenant la situation, propose à Emilie, de venir camper chez lui. Il a un terrain avec une cascade pas très loin d’ici au milieu de la forêt, il adore camper (il montre son Tee Shirt scout !). Emilie accepte... et se fait engueuler par Carlos. « Mais ça va pas d’accepter une invitation comme ça ! Tu dois me demander ma carte d’identité, où je travaille, etc… Au Paraguay on ne suit pas les gens comme ça ! ». Bon en même temps, on avait entendu qu’il travaillait dans le parc et il semblait drôlement pote avec les gardes, qui nous confirment que nous serons mieux chez lui que devant la grille d’accès. Donc pas de souci en perspective.
Et ce d’autant moins quand nous arrivons dans la maison de Carlos, où nous découvrons un bon père de famille, ingénieur agronome, père de 3 enfants, récupérant ses fils pour les emmener camper avec nous. Super contact avec sa femme et sa fille aussi pendant l’escale à la maison, qui décident de aussi de venir passer la soirée avec nous sur le terrain. Quelle bonne soirée ! Des gens passionnants ayant eux-mêmes beaucoup voyagé, et un lieu magique avec même une piscine alimentée en eau par la source du terrain.
Carlos ne veut pas que nous partions. Tellement fier de nous accueillir, nous concocte un programme aux petits oignons pour le lendemain (zoo, chutes Monday, calèche dans le parc,…), il nous prépare une magnifique parrilla (un BBQ) et nous organise une petite soirée pour voir l’ « illuminacion monumental » spectacle son et lumière nocturne du barrage d’Itaipu. Fierté nationale, tous les Paraguayens devraient y aller au moins une fois dans leur vie, c’est l’une des 7 merveilles du monde industrielle (dixit la femme du Président).
Nous voici donc à l’usine, convoqués à 19h30 pour un spectacle à 21h30. Y aurait-il une animation prévue entre temps ? Euh non… ah si un film à voir, le même que côté Brésilien ? Euh non, cette fois, le film, qui raconte pourtant la même chose que de l’autre côté, est diffusé sur un vidéo projecteur mal réglé et nous envoie directement dans les années 70. Décalage spatio-temporel entre le Brésil et le Paraguay ? 21h, nous montons dans les bus, pour nous emmener sur le barrage ! Nous sommes impatients, au moins 10 bus de 50 personnes sont là pour l’événement, cela va être spectaculaire. Carlos a bien fait de nous recommander d’y aller. 21h15 nous sommes sur le site, toujours rien ne se passe (les enfants n’en peuvent plus et commencent à franchement râler). 21h28, une animatrice super chic (robe sexy des plus classe et talons de 12) sort avec son micro et chauffe à mort l’assistance ! Ca va être top, nous en sommes surs ! 21h30 le spectacle commence, la musique et la lumière montent en puissance, tout le barrage est éclairé (déjà ?). 21h33, c’est fini, tout le monde applaudit. 21h40, tout le monde remonte dans les bus ! Coït interrompus… Comment ne pas décevoir Carlos et lui dire que nous avons trouvé ça super, là franchement on ne trouve pas les mots !
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