J’en profite du coup, pour faire ce petit hommage aux « Sauvageons », Olivier et Virginie et leur filles, qui ont passé l’année en croisière dans le pacifique puis ont découvert la Nouvelle Zélande et l’Australie et qui ont su si bien exprimer ce que nous ressentons :
Tant de messages reçus cette année :
- « vous vivez une expérience extraordinaire »
- « c’est une aventure extraordinaire, fabuleuse »
- « quel voyage extraordinaire, fantastique ! »
Si on s’en tient à l’étymologie stricte, il est évident que notre année a été extra-ordinaire : en dehors de l’ordinaire, pas ordinaire. Oui, de facto, elle a été différente de l’ordinaire des précédentes, et probablement des prochaines années de notre vie. Mais nous ne croyons pas que c’était là le sens véhiculé par ces commentaires. Cette année a-t-elle été si extraordinaire ? au sens de si incroyable ? si peu commune ? fantastique, quasi irréelle, voire héroïque ?
Certainement pas :
Ces nombreux messages nous sont parvenus de la part d’amis, de la famille, de collègues, et aussi de parfaits inconnus ; ils nous ont beaucoup touché. Toutes ces personnes qui vivent une vie similaire à celle que nous avons quitté il y a un an, et allons retrouver prochainement, ont perçu cette aventure comme extraordinaire. Par contre, pour 100% de l’immense majorité des gens que nous avons croisés, cotoyés et aimés pendant ce voyage, notre aventure est tout à fait ordinaire. Je n’irai pas jusqu’à dire intra-ordinaire, mais c’est l’idée ! Ces voyageurs, vagabonds solitaires, familles en voyages, retraités poussés par les alizés, anciens salariés devenus artisans, naturalistes, guides, ou mécanos pendant 3 ou 4 ans, tous nous ont reflété et projeté le simple fait qu’une vie différente est, si ce n’est totalement ordinaire, tout au moins possible. POSSIBLE. Nous avons été tout à fait ordinaires parmi eux.
Par ailleurs, est-il si extraordinaire de se laisser vivre au jour le jour ? de prendre le temps ? d’écouter, regarder, sentir, vibrer, danser, regarder les autres, les enfants ? de voguer d’île en île, de désert océanique en désert rouge australien ? Non pas vraiment quand on y pense. C’est même terriblement facile, simple, et banal, …
S’il y a un moment extraordinaire dans tout cela, c’est n’est pas pendant l’année sabbatique, mais AVANT celle-ci qu’il faut le chercher : c’est l’instant, éphémère, coincé dans l’instantanéité de la décision de partir, de changer, d’infléchir le cours des choses, de tordre les rails de l’habitude. C’est le moment du « coming-out », de la verbalisation d’un rêve ancien. Ce seul moment est extra-ordinaire, jubilatoire, pénible, géant, douloureux, inoubliable. Quand la volonté prend le dessus sur le laisser-courir, le rêve sur l’habitude et la sécurité. Oui ce moment là est EXTRA-ORDINAIRE, plus que chacun des jours qui vont s’en suivre. Toute la suite n’est que :
1. planification, préparation, gestion de projet, jusqu’au départ
2. plaisir, joie, échange, partage, bonheur
Tous vos messages, encouragements, questions, ont été une grande joie pour nous, une aide, et une certaine forme de réflexivité sur ce que nous faisions. Nous vous en remercions de tout coeur.
Puissent ces quelques lignes vous aider en retour, à prendre des décisions EXTRA-ORDINAIRES ; c’est possible.
DERNIER HOMMAGE DONC A TOUS CES POSSIBLES !
Nous vous embrassons et vous disons à très bientôt
Jérôme, Emilie, Jules et Céleste
"Dis Papa c'est encore loin le prochain voyage ?"
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